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Sur la gravité de l'interdiction de trancher la Loi devant son Maître

  • 24 באפר׳
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Sur la gravité de l'interdiction de trancher la Loi devant son Maître

La section Acharei Mot s'ouvre par ces mots (Livre du Lévitique, chapitre 16, 1) : «L'Éternel parla à Moïse après la mort des deux fils d'Aaron, lorsqu'ils s'étaient approchés devant l'Éternel et qu'ils moururent.» Le Midrash attribue la mort des fils d'Aaron à de nombreuses causes possibles, parmi lesquelles il est dit dans le Midrash Rabba Acharei Mot (20:6) :

«Rabbi Éliézer a enseigné : Les fils d'Aaron ne sont morts que parce qu'ils ont tranché la loi (rendu une décision halakhique) devant Moïse leur maître. Il arriva qu'un élève trancha la loi devant son maître Rabbi Éliézer. Ce dernier dit à Imma Shalom [son épouse] : "L'élève ne finira pas son Shabbat" [il mourra avant Shabbat]. Le Shabbat n'arriva pas qu'il fut déjà mort. Les sages entrèrent Rabbi Éliézer et lui demandèrent : "Es-tu un prophète ?" Il leur répondit (Amos 7, 14) : "Je ne suis ni prophète, ni fils de prophète", mais j'ai une tradition reçue : quiconque tranche la loi devant son maître est passible de mort.»

C'est-à-dire que Rabbi Éliézer a enseigné ici que les fils d'Aaron ne sont morts qu'à cause du fait qu'ils ont rendu une décision de loi devant Moïse, leur maître. Cette règle est apprise dans un ancien Midrash Halakha (Mekhilta de-Milouim – Parashat Shemini 35). Cette interdiction a été fixée dans la loi juive et apparaît dans le Talmud et les codes de lois. Il est dit dans le Talmud que l'interdiction pour un élève de trancher la loi devant son maître (ou « à la place de son maître ») est un fondement central des lois de l'étude de la Torah et du respect des érudits. Les sources s'étendent des versets de la Torah jusqu'aux discussions détaillées dans la Guémara et chez les décisionnaires.

Il est dit de manière virulente dans la Guémara (traité Erouvin 63a) :

« Rabbi Hiyya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Quiconque tranche la loi devant son maître mérite d'être mordu par un serpent. »

Il existe des exceptions à ce sujet, comme mentionné également dans le traité Erouvin (63a) :

« Ravina était assis devant Rav Ashi [son maître]. Il vit un homme qui attachait son âne à un palmier pendant le Shabbat. Ravina cria après lui, mais l'homme ne lui prêta aucune attention. Ravina lui dit : "Que cet homme soit mis au ban (excommunié)". Ravina demanda à Rav Ashi : "Dans un tel cas, cela ne ressemble-t-il pas à de l'insolence envers le maître ?" Il lui répondit : "Il n'y a ni sagesse, ni intelligence, ni conseil contre l'Éternel" ; partout où il y a une profanation du Nom divin (Hilloul HaShem), on ne rend pas les honneurs au maître. »

Rava a dit : « En sa présence — c'est interdit et passible de mort de trancher la loi. Hors de sa présence — c'est interdit, mais on n'est pas passible de mort. » Et hors de sa présence, n'est-on pas (passible de mort) ? Pourtant il est enseigné dans une Braïta : Rabbi Éliézer dit : «Les fils d'Aaron ne sont morts que parce qu'ils ont tranché la loi devant Moïse leur maître.» Qu'ont-ils interprété ? « Les fils d'Aaron le prêtre (de service) mettront du feu sur l'autel » — ils ont dit : « Bien que le feu descende du ciel, c'est une Mitsva d'apporter également du feu de main d'homme (feu profane). » Puisqu'ils ont décidé cela de leur propre chef sans consulter Moïse, ils furent punis et moururent.

 

Un autre récit est rapporté dans le traité Bava Kama (117 a-b) (traduction libre) qui montre la problématique du rapport de maître à élève:

On raconte qu'un homme voulait dénoncer aux autorités perses la récolte de son prochain pour qu'ils s'en emparent. Cet homme vint devant Rav. Rav lui dit : « Ne leur montre en aucun cas ! ». L'homme répondit : « Je leur montrerai certainement ! ». Lorsque Rav Kahana, l'élève de Rav, entendit les paroles insolentes de cet homme, il lui brisa la nuque et le tua.

Rav dit à Rav Kahana : « Tu as bien fait de le tuer, car il est écrit (Isaïe 51, 20) : "Tes fils défaillent, ils gisent au coin de toutes les rues comme l'oryx dans le filet". De même qu'on n'a pas de pitié pour l'oryx (taureau sauvage) tombé dans le filet, de même les nations n'ont pas de pitié pour l'homme dont les biens tombent entre leurs mains. Cependant, tu dois fuir d'ici, car les Perses qui nous gouvernent sont stricts sur l'effusion de sang, et si tu ne fuis pas, ils te puniront. Monte donc en Terre d'Israël, à la Yechiva de Tibériade dirigée par Rabbi Yo'hanan. »

Cependant, Rav ajouta à son élève : « Parce que je sais que tu es prompt à la colère, je te fais jurer de ne pas poser de questions difficiles sur les paroles de Rabbi Yo'hanan pendant sept ans, de peur que tu n'en viennes à entrer en conflit avec lui contre ton gré. »

Lorsque Rav Kahana arriva de Babylone à la Yechiva de Tibériade, il trouva Reish Lakish, le collègue et l'élève de Rabbi Yo'hanan, qui répétait les enseignements de son maître pour les élèves. Rav Kahana demanda à Reish Lakish : « Savez-vous où est Reish Lakish ? ». On lui demanda pourquoi. Il répondit : « Je viens d'entendre de votre bouche les paroles de Rabbi Yo'hanan, et je souhaite partager avec Reish Lakish les nombreuses questions que j'ai sur les paroles de son maître. » Reish Lakish alla dire à Rabbi Yo'hanan : « Un lion (un grand érudit) est monté de Babylone et est arrivé dans notre Yechiva. Vous devriez, mon maître, bien réviser le sujet du cours que vous donnerez demain, car ce sage va certainement vous poser des questions nombreuses et ardues. »

Le lendemain, Rav Kahana arriva à la maison d'étude pour écouter le cours de Rabbi Yo'hanan, le chef de la Yechiva. Comme on savait déjà qu'il s'agissait d'un sage particulièrement brillant, on l'installa au premier rang, avec les érudits éminents. Rabbi Yo'hanan énonça une loi, et Rav Kahana ne posa aucune question. Rabbi Yo'hanan dit autre chose, et Rav Kahana resta toujours silencieux. Voyant que Rav Kahana se taisait et ne participait pas au débat, les membres de la maison d'étude le firent reculer rang après rang vers le fond, jusqu'à ce qu'il se retrouve au dernier rang avec les plus jeunes élèves. Rabbi Yo'hanan dit à Reish Lakish : « Le lion dont tu parlais est devenu un renard ! Il n'est pas du tout aussi brillant que tu me l'avais décrit!»

À ce moment, Rav Kahana sortit de la maison d'étude et se dit en son cœur : « Puisse-t-il être Ta volonté que ces sept rangs que j'ai reculés remplacent les sept années durant lesquelles Rav m'a ordonné de me taire. » Rav Kahana considéra que la honte d'être considéré comme le dernier des élèves valait sept ans de silence. Rav Kahana retourna à sa place, se leva et dit à Rabbi Yo'hanan : « S'il vous plaît, mon maître, répétez ce que vous avez dit précédemment. » Rabbi Yo'hanan répéta ses propos, et Rav Kahana lui opposa une question foudroyante. Les Sages le firent revenir au premier rang. Rabbi Yo'hanan ajouta d'autres paroles de loi, et à chaque fois Rav Kahana posait des questions auxquelles le maître ne parvenait pas à répondre.

Rabbi Yo'hanan était assis sur sept coussins. Après chaque question posée par Rav Kahana, on retirait un coussin de dessous lui, jusqu'à ce que finalement, Rabbi Yo'hanan se retrouve assis par terre. Rabbi Yo'hanan était un homme âgé, et ses paupières étaient lourdes, obscurcissant sa vue. Il dit à ses élèves : « Relevez mes paupières afin que je voie ce Babylonien qui m'a interrogé. » On releva ses paupières avec des pinces d'argent. Rabbi Yo'hanan vit que les lèvres de Rav Kahana étaient entrouvertes et pensa qu'il se moquait de lui parce qu'il l'avait vaincu dans la discussion halakhique. Rabbi Yo'hanan fut blessé au plus profond de son âme, et par suite de cela, Rav Kahana mourut.

Le lendemain, Rabbi Yo'hanan dit à ses élèves : « Avez-vous vu ce Babylonien, comment il s'est moqué de moi ? ». Ses élèves lui répondirent : « Il ne s'est pas du tout moqué de vous ! Vous avez cru cela parce qu'il a les lèvres fendues, il semble seulement ricaner. »

Comprenant que Rav Kahana avait été tué sans avoir commis de faute, Rabbi Yo'hanan se rendit à sa grotte funéraire. En arrivant, il vit un serpent enroulé devant l'entrée de la grotte (faisant office de gardien menaçant). Rabbi Yo'hanan lui dit : «Serpent, serpent, ouvre la porte pour que le maître entre chez son élève ! ». Mais le serpent ne bougea pas. Il dit : « Ouvre la porte pour qu'un ami entre chez son ami. » Le serpent ne bougea toujours pas. La troisième fois, il dit : « Ouvre la porte pour qu'un élève entre chez son maître. » C'est alors seulement que le serpent bougea et libéra l'entrée.

Rabbi Yo'hanan se tint devant le corps de Rav Kahana, pria Dieu, et le ramena à la vie. Rabbi Yo'hanan dit à Rav Kahana : « S'il te plaît, pardonne-moi. Si j'avais su que tes lèvres étaient fendues, je n'aurais pas été si offensé et je n'aurais pas causé ta mort. Maintenant, reviens avec moi à la maison d'étude. »

Rav Kahana lui répondit : « Je ne le souhaite pas. Si tu pouvais faire en sorte que je vive éternellement et que je ne meure plus une seconde fois, je serais prêt à revenir au pays des vivants. Mais maintenant que la chose est faite et que je suis mort — ce qui a été, a été. »

Rabbi Yo'hanan posa à Rav Kahana de nombreuses questions sur tous les sujets où il avait des doutes concernant l'interprétation de la Torah, et Rav Kahana, dans sa grande sagesse, lui expliqua comment les comprendre.

Et c'est pour cela que Rabbi Yo'hanan avait l'habitude de dire à ses élèves babyloniens lors de son enseignement, à partir de ce moment-là : « Les vôtres disent », c'est-à-dire : c'est ainsi que Rav Kahana le Babylonien m'a enseigné.

Cette histoire soulève de nombreuses interrogations et accentue la tension entre la force de l'autorité et l'élève brillant, dont le talent risque, à terme, de déstabiliser le leadership du rabbin ou du dirigeant.

En fin de compte, l'interdiction de trancher la loi (Halakha) devant son maître va bien au-delà des simples règles protocolaires anciennes ; c'est une leçon d'humilité et de gratification différée. Dans le monde moderne, où chacun possède un « clavier » et la capacité de trancher des questions fatidiques d'un simple clic, la Torah nous rappelle de nous arrêter un instant.

La tension entre la vivacité d'esprit de l'élève et l'autorité du rabbin nous enseigne qu'une sagesse sans respect est une sagesse incomplète. Même lorsque nous détenons la réponse la plus juste, la valeur du chemin parcouru — le respect de la tradition, des maîtres et de ceux qui ont tracé la voie avant nous — est tout aussi importante que la loi elle-même.

Dans cette course effrénée pour faire entendre sa voix, ce texte nous rappelle que, parfois, le chemin vers la vérité passe avant tout par l'écoute.

Shabbat Shalom

 
 
 

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