La pureté de la parole : entre le commandement de Dieu et les promesses de l'homme.
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Dans le livre du Lévitique, chapitre 21, il est dit : (1) "L'Éternel dit à Moïse: Dis aux sacrificateurs, fils d'Aaron, et tu leur diras : Un sacrificateur ne se rendra point impur parmi son peuple pour un mort". La signification de ce verset est que le Créateur du monde a ordonné à Moïse de parler aux prêtres, les fils d'Aaron, et de leur expliquer qu'il leur est interdit de se souiller au contact d'un mort au sein de leur peuple, c'est-à-dire de se trouver à proximité d'un cadavre. Nos Sages soulignent la répétition dans le langage "Dis... et tu leur diras", qui semble a priori superflue, et expliquent que cette répétition vise à souligner que les adultes doivent avertir et éduquer aussi les jeunes enfants, selon le principe de "mettre en garde les grands au sujet des petits".
Dans ce verset, la racine "dire" ("amar") apparaît trois fois : une fois lorsque le Créateur s'adresse à Moïse, et deux fois comme instruction à Moïse sur la manière de parler aux prêtres. Le Midrash (Vayikra Rabba, Parasha 26, 1) souligne la différence entre la parole absolue et pure du Créateur et celle de l'homme : "Dis aux sacrificateurs, fils d'Aaron (Lévitique 21, 1). Rabbi Tanhoum ben Rabbi Hanilai commença par citer (Psaumes 12, 7): "Les paroles de l'Éternel sont des paroles pures" - les paroles de l'Éternel sont des paroles pures, mais les paroles de chair et de sang ne sont pas des paroles pures". Alors que chez les êtres humains, le discours peut être entaché d'intérêts, d'imprécisions ou d'un langage impur, la parole divine est absolument pure. Puisque la mort est perçue dans le judaïsme comme "le père des pères de l'impureté", le Souverain du monde demande aux prêtres — Ses serviteurs dans le sanctuaire — de Lui ressembler par la vertu de pureté. De là le Midrash s'adresse à tout un chacun et particulièrement aux dirigeants et il continue d'illustrer le manque de fiabilité de la parole humaine : "C'est la coutume du monde : un roi de chair et de sang entre dans une province, tous les habitants de la province l'acclament et leurs louanges lui sont agréables. Il leur dit : Demain, je vous construirai des bâtiments publics et des thermes, demain je vous amènerai un aqueduc. Il s'endort et ne se réveille pas. Où est-il, et où sont ses paroles ?". En d'autres termes, un dirigeant humain a tendance à prodiguer des promesses impressionnantes sous l'influence des éloges, mais en raison de ses limites de créature éphémère, ses promesses restent souvent sans lendemain — un phénomène courant à toutes les époques de l'histoire humaine et même de nos jours.
Un témoignage douloureux sur ce sujet apparaît dans le livre de Jérémie (chapitre 34, 8-11) : "(8) La parole qui fut adressée à Jérémie de la part de l'Éternel, après que le roi Sédécias eut conclu une alliance avec tout le peuple qui était à Jérusalem, pour proclamer la liberté, (9) afin que chacun renvoyât libres son esclave et sa servante, l'Hébreu et l'Hébreue, et que personne ne tînt plus dans l'esclavage le Juif son frère. (10) Tous les chefs et tout le peuple qui étaient entrés dans l'alliance obéirent, et renvoyèrent chacun son esclave et sa servante, pour ne plus les tenir dans l'esclavage ; ils obéirent, et les renvoyèrent. (11) Mais ensuite ils changèrent d'avis, et ils reprirent les esclaves et les servantes qu'ils avaient affranchis, et les forcèrent à redevenir esclaves et servantes".
Le roi Sédécias avait conclu cette alliance pour la libération des esclaves non par une pure volonté religieuse, mais à cause du siège pesant de l'armée de Nabuchodonosor sur Jérusalem. La libération visait à transformer les esclaves en combattants libres pour défendre la ville. Cependant, dès que les Babyloniens levèrent temporairement le siège pour combattre l'armée égyptienne, les habitants de Jérusalem sentirent que le danger était passé et se "rétractèrent" immédiatement, asservissant de nouveau leurs frères. Ce mouvement a prouvé que l'alliance n'était pas sincère mais n'était qu'une manipulation de survie, comme cela arrive encore de nos jours, lorsque de nombreux dirigeants font des promesses qu'ils ne tiennent pas. Il est dit dans le Midrash Tanhouma (Matot 1) : "Le Saint, béni soit-Il, a dit à Israël : Soyez prudents avec les vœux et ne les transgressez pas. Car quiconque les transgresse finit par trahir ses serments. Et celui qui trahit ses serments renie le Saint, béni soit-Il, et n'a pas de pardon dans le monde". Le Créateur a dit au peuple d'Israël de faire très attention aux promesses qu'ils font et de ne pas les prendre à la légère. Celui qui néglige ses engagements finit par trahir ses serments les plus graves ; et celui qui rompt sa parole de cette manière, c'est comme s'il reniait Dieu lui-même. Un tel acte est impardonnable, car le mensonge intentionnel ne peut être excusé, hier comme aujourd'hui.

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